Dans la revue Nature, une étude portant sur les plumes et les soies (ancêtres des plumes) des dinosaures et de certains oiseaux primitifs.
Les auteurs, des chercheurs de l'Université de Bristol et de Beijing, en Chine, ont étudié des fossiles de la faune de Jehol (région de Liaoning, au nord-est de la Chine), datant de plus de 100 millions d'années.
"Notre recherche jette une lumière extraordinaire sur l'origine des plumes.
En particulier, elle contribue à apaiser un débat de longue date au sujet de leur fonction première (vol, isolation ou caractère sexuel).
Nous pensons que les plumes sont d'abord apparues pour afficher des couleurs puis ont évolué pour servir au vol et au maintien de l'équilibre thermique," explique Mike Burton, paléontologue à l'université de Bristol.
Cette affirmation est consécutive à la découverte de mélanosomes, des petits organites insérés dans la structure des plumes et des poils des oiseaux et des mammifères modernes et qui sont responsables de leur coloration, sur les fossiles de dinosaures étudiés.
Ces travaux vont dans le sens de l'hypothèse selon laquelle les oiseaux ont évolué à travers une longue lignée de dinosaures théropodes (mangeuse de chair) .
Cela démontre également que l'assemblage unique de caractères qui font un oiseau moderne - des plumes, des ailes, un squelette léger et un système visuel très développé -, a évolué, étape par étape, pendant près de cinquante millions d'années.
"Les plumes sont la clé de la réussite des oiseaux et nous pouvons maintenant disséquer leur évolution dans le détail et voir comment chaque type de plume a été acquis au cours du temps. Nous sommes également capables de spéculer sur leurs couleurs. La queue colorée de Sinosauropteryx, par exemple, était probablement brun-rouge, tandis que certains oiseaux précoces ont pu être noir et roux.
En reconstituant les couleurs des plumes du plus petit dinosaure connu, des paléontologues confirment aussi que son plumage ne lui servait pas à voler mais à se camoufler et attirer un partenaire.
Des scientifiques sont parvenus pour la première fois à reconstituer toutes les couleurs du plumage d'un petit dinosaure éteint depuis plus de 150 millions d'années, selon des travaux publiés jeudi 4 février. Cet animal, l'Anchiornis huxleyi, mesurait 12 cm de haut pour 31 cm de long. Il est le plus petit dinosaure connu à ce jour.
Longue crête couleur rouille
A partir des plumes fossilisées d'un seul de ces dinosaures qui vivaient en Chine il y a 160 à 155 millions d'années, des paléontologues américains et chinois ont pu analyser à l'aide d'un microscope électronique les empreintes de mélanosomes, des granules pigmentées riches en mélanine permettant de colorer les organismes. La précision de ces analyses a été telle que ces chercheurs ont pu mesurer et situer les différentes couleurs sur chacune des plumes de l'Anchiornis huxleyi. Ce dinosaure de la famille des troodontidés, présenté comme un lien important dans la transition entre les oiseaux et les dinosaures non-aviaires, avait un corps de couleur grise.
Sa tête avait des tâches orangées surmontée d'une longue crête couleur rouille tirant sur le marron. Ses ailes et ses pattes étaient couvertes de longues plumes blanches bordées de noir.
Des plumes pour attirer son partenaire
"Cette créature n'avait rien à voir avec une corneille ou un moineau d'aujourd'hui car il était doté d'un plumage très flamboyant .... qui, s'il était vivant aujourd'hui, serait très surprenant", relève Richard Prum, président du département d'ornithologie, d'écologie et de biologie de l'Université de Yale, principal co-auteur de cette étude parue dans la revue américaine Science datée du 5 février.
Les couleurs du dinosaure rappellent celles qu'on peut observer chez certaines espèces de volailles domestiques d'aujourd'hui. Chez ces dinosaures, ces différentes couleurs devaient leur servir à attirer des membres de l'autre sexe, estime le chercheur.
Dicerner les couleurs à 90%
L'équipe de chercheurs qui comprend Gao Keqin de l'Université de Pékin, a examiné 29 échantillons de plumes fossilisées et procédé à d'innombrables mesures pour localiser les mélanosomes. Ils ont ensuite procédé à une analyse statistique de ces mélanosomes pour les comparer aux types de celles connues pour créer des couleurs particulières chez les oiseaux d'aujourd'hui. Cette approche permet avec 90% de certitude de discerner les couleurs des différentes plumes et de l'ensemble du plumage du dinosaure éteint.
Cette recherche vient conforter l'hypothèse selon laquelle les dinosaures avaient à l'origine des plumes pas pour voler mais pour d'autres raisons telles que le camouflage ou attirer un partenaire pour s'accoupler.
Ancêtres des oiseaux
Ces travaux apportent un éclairage important sur l'histoire de l'évolution des plumes chez les dinosaures avant l'origine des oiseaux modernes, souligne Julia Clarke, paléontologue de l'Université du Texas (sud). Seuls deux fossiles de l'Anchiornis huxley ont été découverts à ce jour dans d'anciens lacs sédimentaires de la province chinoise du Liaoning (nord-est) en 2009. Depuis les années 1990, cette région s'est avérée abondante en fossiles d'espèces de carnivores bipèdes, présumés être des ancêtres des oiseaux.
Fin janvier, une étude parue dans la revue britannique Nature a fait part d'une recherche, basée sur la même technique, ayant permis d'identifier les premières couleurs d'un petit dinosaure carnivore à poils ou à pelage soyeux, le Sinosauropteryx, qui vivait voici 125 millions d'années dans la même région de la Chine.
http://www.cyberpresse.ca/sciences/201005/14/01-4280483-les-premiers-oiseaux-ne-volaient-pas-en-battant-des-ailes.php