
Je pense que c'est surtout dû à l'enfermement prolongé sans sortie. L'oiseau se "condamne" lui même à ne plus voler. C'est plus profond que ça, un peu comme un prisonnier qui ne se sent bien que dans une petite pièce. Une personne qui a été enfermée dans un placard par exemple, il lui faudra un maximum d'énergie pour faire les premiers pas vers la lumière, il n'aimera et ne supportera pas le soleil pendant un certain temps, il lui faudra réapprendre à vivre, mais il lui faudra surtout la volonté de s'en sortir, une rage d'être plus fort que ces démons qui tournent autour de lui et le retiennent. Enfermé dans le sombre, un monde se forme autour du prisonnier, les ombres deviennent vivantes, et on se surprend à parler tout seul. Le moment de la sortie est une renaissance, c'est difficile à assumer. Je pense que pour un oiseau ça doit ressembler beaucoup à cela, et le fait de ne plus voler correspond au début de la vie, pour continuer leur chemin une crainte (celle d'être enfermé de nouveau) doit être plus fort que ce que peut supporter l'oiseau et c'est pour cette raison qu'il se "refuse" de progresser. J'ai constaté la même chose avec Plume qui est restée enfermée pendant deux années.
Lorsque Plume veut venir sur moi, je me recule et je l'encourage, des distances de plus en plus longues, lui ont permis de faire face à ses démons et d'avancer un peu. Depuis que je l'ai pendant plus d'une année elle n'a pas du tout volé, depuis quelques mois, elle vole très mal et très bas sur une courte distance, dans son vol elle ne me perd pas de vue, ce qui la déstabilise et elle tombe. Mais il faut voir lorsque je la reprends, la fierté dans ses yeux d'avoir accompli ce qu'il y a de plus difficile pour elle. Dernièrement en faisant le clown sur un jouet elle s'est cassée les rémiges d'une aile, car les plumes lorsqu'elles repoussent sont très fragiles et cassent à la moindre occasion.
Pour son appareil respiratoire un oiseau doit voler, pour sa bonne santé, pour lui permettre d'avoir un bon tonus musculaire, il faut l'encourager à voler. En premier sur le lit sous forme de jeux, en faisant attention à la force à laquelle on va doucement lever l'oiseau pour qu'il vole, puis le lâcher sur le lit toujours, les félicitations pour deux battements d'ailes, puis en démarrant du sol, le faire voler sur un socle, un pouf ou autre chose de pas très haut, et l'encourager, félicitations, puis d'un perchoir a un autre, en l'accompagnant dans son vol, il s'agrippe au doigt ou à la main et l'on voit toute l'appréhension que l'oiseau peut avoir de se lancer... Mais on reste assez longtemps sur chaque étape, cela doit être un plaisir pour l'oiseau qui demande cet exercice en battant des ailes, sinon, c'est qu'il n'est pas prêt à revivre le vol... Mais tout ceci est une simple réflexion de ma part et n'a pas d'autres valeurs que ce que je peux ressentir.
Si cela peut aider...

Je fais régulièrement l'un des exercices dont tu parles avec Chloé, celui qui consiste à l'encourager à battre des ailes. Je lui dis: "Et on les lève les bras!" Là elle lève timidement ses petites ailes tremblotantes. Puis "Et on vooole!" là Chloé bat énergiquement des ailes à plusieurs reprises, ce dont je la félicite pour l'encourager à continuer. Mais je ne constate pas de progrès particulier pour autant
