Oui, dehors. En fait, cela a été un enchaînement. Nous l'avons eu en Mai mais il ne sortait pas dehors. Il volait à la maison, comme tous les oiseaux apprivoisés.
En Novembre, un jour qu'il faisait bien froid avec un beau mistral, mon mari est sorti et a laissé la porte un peu trop longtemps ouverte. Graffiti n'a pas fait un pli, il a volé par dessus sa tête et s'est retrouvé dehors. Il a monté, monté, monté dans le ciel en criant comme un fou. Le grand bonheur, apparemment. Et puis, pfttt... oiseau vole et s'en va.

Nous avons attendu tout le week-end au cas où il reviendrait : que nenni ! En désespoir de cause, mais sans y croire, j'ai passé une petite annonce dans le journal local. Les jours passent et rien. Je n'y pense plus lorsque trois semaines plus tard, un soir tard, le téléphone sonne. C'était la personne qui avait retrouvé notre fugueur.

En fait, il n'était pas très loing : à peu près 5 kms à vol d'oiseau. La journée du jour où il s'est sauvé était bien entamée et sentant venir la nuit, il s'est posé sur l'épaule d'une dame qui travaillait dans son potager. Ne pouvant pas le garder, c'est son voisin qui l'a récupéré. Il lui a bricolé vite fait une grande cage de fortune. Et c'est le maçon de la dame sur qui il s'était posé qui leur a parlé de l'annonce dans le journal car eux ne le recevaient pas.
Je pense que s'il n'y avait que le monsieur, il l'aurait gardé car le courant passait bien entre eux mais la femme n'en voulait pas, elle avait peur, d'autant plus qu'ils avaient deux jeunes enfants et que Graffiti n'était pas toujours très cool. En tout cas, lui le faisait sortir et l'emmenait même en voiture au village !

Récupéré (à grand peine car il ne voulait pas se laisser attrapper), je lui ai laissé quelques jours pour qu'il reprenne ses repaires. Ensuite, je l'ai sorti sur mon épaule dans la véranda et au tout de quelques jours, dehors. Le plus drôle, c'est que les premières fois où je l'ai sorti ainsi, il se cachait sous mes cheveux. Il devait avoir peur de se reperdre. Ensuite, il s'est posé sur le cerisier, sur le fil pendant que j'étendais le linge, etc... Et de fil en aiguille, il s'est de plus en plus éloigné.
Il passait quelque fois des heures dehors, perché sur le câble électrique, à tenter de faire connaissance avec les oiseaux du coin. Il leur disait son nom comme s'il se présentait et étalait tout son répertoire de chansons. Il allait embêter le voisin belge qui ne vient que pendant les vacances en surveillant ses travaux de jardinage du haut de son épaule et ils conversaient tous les deux un bon bout de temps.
Quand il en avait assez, il passait devant la baie vitrée du salon en criant pour qu'on lui ouvre. Bien sûr, il s'est fait -et nous a fait- quelques belles frayeurs avec les chats (nous en avons 5) car si ceux ci savent qu'ils n'ont même pas le droit de le regarder dans la maison, dehors, c'est plus dur car l'instinct de chasse reprend le dessus. Et Graffiti s'amusait à leur passer en rase-motte sur la tête. Il a failli 2 ou 3 fois se faire choper. Il repartait tout fâché en râlant de plus belle.
Voilà, c'était un oiseau exceptionnel...