
Trop souvent j'entends ou je lis "MON YOUYOU EAM est MECHANT, il PINCE"
C'est aller trop vite dans les propos. Un youyou n'est pas à l'origine "méchant"
S'il pince, c'est un moyen comme un autre de signaler son désaccord.
Il veut me dominer il me regarde le cou tendu...
C'est sa position qui vous fait penser qu'il est dominateur, mais, il n'en ai rien, il n'a pas l'intelligence pour.
S'il regarde de cette façon, c'est simplement pour prendre de la hauteur afin de mieux analyser ce qui l'entoure, il est inquiet, ses plumes sont collées au corps, il observe.
C'est avant tout un oiseau spontané, téméraire, curieux, joueur
Lorsqu'une situation, ou un mouvement trop vif, ne lui a pas permis d'analyser le contexte, son premier réflexe sera de pincer violemment tout ce qui va se trouver à portée de bec, bien souvent, c'est le doigt qu'on lui présente comme une perche dans l'espoir qu'il grimpe dessus.
Les réflexes et les analyses d'un oiseau ne sont pas les mêmes que chez un humain, nous avons la capacité de réfléchir, d'analyser, de penser très vite, les oiseaux instinctivement se défendent d'un éventuel danger, d'où la morsure, le moyen d'intimidation par excellence.
Certains oiseaux font les 100 pas sur le perchoir en gonflant les plumes du cou et du torse, ils prennent une autre dimension, en poussant des petits cris d'intimidation, puis donnent des coups de bec, le youyou est plus directe, il ne prévient pas, son geste est rapide et définitif.
Il y a des postures chez le youyou qui permettent de situer l'état de stress ou de méfiance, d'énervement, de bonne humeur, lorsqu'il est demandeur de câlins etc...
Un youyou inquiet est en posture fixe, la pupille se contracte et se décontracte, sur une cible, en général...vous !
si vous mettez un doigt en avant directement dans la cage, il y a beaucoup de chance que vous soyez pincé... A qui la faute ?
Lui avez-vous laissé le temps d'analyser la situation ? Lui avez-vous montré par A+B que vous n'étiez pas une menace ?
Si dans un premier temps, vous aviez pris le temps de venir vers lui, pour lui parler, le féliciter, lui ouvrir gentiment la cage, lui reparler, au besoin, lui offrir un fruit ou une graine dont il est friand, il aurait vu votre intrusion dans SA cage, SON territoire, tout autrement, et vous n'auriez pas subi le coup de bec de défense...
Une main doit être présentée paume en bas, doigts repliés, largement en dessous des pattes du youyou, pour l'inviter à venir, et non imposer une démarche qui ne serait pas dans son idée.
Un youyou qui se baigne dans ses graines, qui crie, qui se tient la tête en bas... C'est une invitation à ce que vous veniez participer à un jeu ou un câlin, enfin, il réclame un échange
Un youyou qui crie de façon continuelle et lancinante, un cris aigu, s'ennuie, et lorsque vous voulez le prendre, il vous pince, alors, votre réflexe, c'est "Reste Sale Piaf"
Encore là, l'approche n'a pas été en fonction des attentes du youyou. Il est resté un moment seul, n'a rien trouvé mieux à faire que de crier, il a écouté ses complaintes du youyou solitaire, sa façon d'exprimer son manque d'entrain, dommage que sa chanson ne vous plaise pas, car demain, il va recommencer si vous le laissez dans le même contexte... A qui la faute ?
Un youyou n'aime pas rester seul, des jouets, non seulement pour l'amuser, mais aussi pour le déstresser,il est d'un naturel "grand inquiet", il a besoin de gruger pour éliminer le stress qu'il accumule au fil de la journée, et puis, il faut veiller aussi à ce qu'il ait assez de mouvement pour rester en forme, et ce n'est pas en cage qu'il pourra voler comme il se doit.
Un youyou a les yeux un peu ovales, la tête légèrement penchée, il observe, il est satisfait... Enfin, vous allez pouvoir avoir un véritable échange, profitez-en, offrez lui votre main, il saisit d'une patte votre doigt, et de l'autre, le barreau et se met la tête en bas, vous êtes sur le bon chemin, il vous invite à jouer... vraiment il est dans de bons jours, prenez le et manipulez le, il vous pincera, mais, c'est par jeux, ne pas confondre avec un geste de défense... Cela ne vous plait pas ? Alors, fallait pas prendre un oiseau, un gros bec, a de bons côtés, mais aussi des moins bons, et là, il faudra gérer cela au mieux, car un bec, est fait pour se défendre, mais aussi pour prendre, il a déjà les pattes occupées, il faut bien qu'il se serve du son bec pour vous montrer combien vous comptez pour lui, les ailes lui permettent de garder l'équilibre !
A vous de lui faire comprendre que le bec n'est pas le meilleur moyen, mais comprenez aussi, qu'il ne sent pas forcément dans le "feu de l'action" la pression qu'il met dans son bec.
Un youyou qui se penche en avant et fait trembler ses ailes, marque son impatience à venir vous rejoindre, soit sur votre épaule, soit à l'endroit où vous avez posé l'objet de ses convoitises, proposez lui votre main, votre doigt en moyen de transport, il avancera sans problème sa patte, l'envie d'exploration est trop forte, elle l'accapare complètement, votre doigt sera indem cette fois, tracez une croix sur le calendrier, vous êtes en progrès !
C'est à ce moment que l'on voit la différence entre l'oiseau et l'homme, vous pouvez penser à plusieurs choses à la fois... pas lui !
Par contre, au moment où vous allez le reprendre, là, c'est différent, il faudra peut-être parlementer avec le youyou pour recommencer l'opération sans séquelle, afin de lui faire réintégrer ses quartiers... au retour, remarquez une croix si vous avez réussi l'opération sans morsure !
Tout un mois avec des croix sur le calendrier, vous passerez Maître dans la psychologie du youyou... hummm hummm pas simple, hein ?
Ne pas déranger un youyou en pleine sieste... Mais vous non plus, n'aimez pas être réveillé en sursaut !
Il est vrai que ce sont des oiseaux, un peu capricieux, un peu lunatique... mais avec de la diplomatie et de la patience, on arrive à contenir les morsures de youyou.
J'espère que ces quelques indices vous permettront un meilleur contact avec votre ami le poicéphalus sénégalus, ce petit pois vert, si attachant, avec peu d'exigence, le petit perroquet de poche qui a sa place dans un appartement, à condition toutefois de lui accorder du temps et de le comprendre.